Très Haut Débit : Elus, faites vous votre idée !

Invitation THD

Que vous soyez élus locaux, communautaires, départementaux, que vous viviez en ville ou à la campagne, venez nombreux échanger avec nos 3 intervenants sur un sujet majeur pour nos territoires.

  • Pierre Camani – Président du département du Lot-et-Garonne
  • Stéphane Traumat – Entrepreneur
  • Philippe Bouty – Président de la CdC Charente Limousine

Solutions technologiques, financements, types d’investissements, cadre juridique, retours d’expérience,… vous pourrez évidement poser vos questions et alimenter le débat !

Très haut débit en Charente : ne pas sacrifier l’avenir

La semaine dernière, avec des collègues Conseillers Départementaux, nous avons adressé un courrier à l’ensemble des Présidents des Communautés de Communes et à tous les Maires de Charente. Nous souhaitons les alerter sur le poids important que le projet pharaonique de déploiement THD (Très Haut Débit) du Président du Conseil Départemental fait peser sur les épaules des collectivités locales.

Nous relevons notamment que la structure financière de ce projet (d’un coût global de 230 millions d’euros) demande davantage d’efforts à ces collectivités qu’au département lui-même. Nous connaissons tous la tension qui existe aujourd’hui sur les finances publiques.

Cette importance de besoins financiers est directement liée aux choix techniques et technologiques de ce projet. Avec l’intransigeance de Messieurs Bonneau et Chabot à vouloir à tout prix faire de la fibre optique et rien que de la fibre optique, c’est finalement aujourd’hui les Charentais qui sont pénalisés pour de multiples raisons :

  • alors qu’il s’agissait de l’engagement majeur de la nouvelle majorité, plus de 2 ans après leur arrivée aux manettes, rien n’a changé dans le quotidien des Charentais victimes de la fracture numérique.
  • les dizaines de millions d’euros supplémentaires mis sur la table par le département sont autant d’argent public qui n’alimentent pas les autres politiques du département, notamment celles de ses compétences premières : la solidarité , l’éducation (aucun investissement sérieux sur les collèges), les mobilités, l’initiative locale.
  • l’appel aux finances des collectivités locales pose aussi des questions. Les collectivités, et notamment les plus petites, sont celles dont les finances sont les plus fragiles. Ponctionner leur budget pour financer un projet mal dimensionné, c’est restreindre leur capacité et leurs projets d’investissement, c’est bloquer, retarder, freiner des investissements locaux qui répondent à des problématiques locales dont les mairies et les CDC ont la charge.

Mais pourquoi le Président du Département et le Président de Charente Numérique s’arc boutent ainsi sur leur projet ? Dans un souci de communication ? Par méconnaissance du sujet ?

Aujourd’hui, dans des départements ayant une configuration démographique sensiblement similaire, des projets proposent un mix technologique beaucoup plus pertinent, notamment en arbitrant entre fibre optique, montée en débit et 4G/LTE fixe. En quoi est-ce plus pertinent ?

  • Une mise en oeuvre plus rapide. Mettre en place un pylône support LTE Fixe c’est marché, études et travaux : moins d’un an. La montée en débit qui vise à fibrer des sous-répartiteurs, là encore grâce à des travaux de génie civil beaucoup moins importants, celà peut se faire en quelques mois.
  • Des déploiements moins onéreux. Un pylône support de LTE Fixe, c’est en moyenne 100.000€ HT. Evidemment, il faut ajouter à ce tarif le génie civil et l’infrastructure de collecte. Néanmoins, nous sommes loins des budgets évoqués aujourd’hui.
  • C’est un investissement avec de multiples bénéfices. En effet, le déploiement des infrastructures pour mettre en oeuvre de la 4G/LTE Fixe peut bien évidemment être utilisé pour le déploiement de la 4G « traditionnelle » et ainsi résoudre le problème des zones blanches en téléphonie.

Alors que les pérégrinations juridiques liées à la création de Charente Numérique (régulièrement soulevées par le groupe d’opposition et notamment par notre collègue Nicole Bonnefoy) risquent d’amener Charente Numérique à revoir la structure de financement et par conséquent les collectivités à délibérer à nouveau, il nous semble urgent que les bonnes questions et les vrais enjeux soient sur la table.

Si la possibilité pour tous les Charentais d’avoir un accès de qualité à internet est un réel enjeu, ça ne peut être l’alpha et l’oméga des collectivités locales et notamment du Département dont les missions premières sont la solidarité sociale et les collèges. Il est parfois nécessaire de le rappeler…

Baptême républicain

Aujourd’hui, pour la première fois depuis que je suis élu, j’ai eu la joie de célébrer un baptême républicain. J’avais envie de partager ici les quelques mots que j’ai adressé à Agathe, à sa famille d’Agathe, à ses proches et à ses marraine et parrain. J’avoue m’être inspiré d’autre déclarations, glanées ici et là.

Acte avant tout humaniste, le baptême républicain est l’engagement moral du parrain et de la marraine d’apporter aide et réconfort à l’enfant. Un engagement d’autant plus fort qu’il ne comporte aucune reconnaissance ni obligation légale.

Au-delà de cet engagement, cette cérémonie a aussi pour objectif de te faire entrer dans la communauté républicaine et de te faire adhérer symboliquement aux valeurs de la République et, notamment, au triptyque Liberté, Egalité, Fraternité.

Une Liberté sans autres limites que celle des autres et qui peut se résumer à cette maxime : « Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait. »

Une Egalité qui se doit d’être avant tout et plus que tout une égalité de dignité et qui veut que « tous les hommes sont égaux par nature et devant la loi ».

Une Fraternité qui est tout simplement l’expression républicaine du vouloir vivre en commun fondée sur des valeurs humanistes et universelles.

Dans ce cadre, je sais que tu seras un nouveau maillon de la chaîne d’union des hommes et des femmes qui veulent un monde meilleur, un monde plus juste et plus ouvert.

Léa, Benoît votre présence aux côtés d’Agathe, témoigne de votre volonté, de participer à son éducation Citoyenne et Laïque. Aux côtés de ses parents, vous lui inculquerez les principes de vie de notre société démocratique.

Mais au-delà de votre rôle civique, vous aurez peut-être aussi un rôle plus social. Agathe aura probablement besoin de conseils et d’écoute. Il est parfois difficile pour un enfant, un adolescent, de se confier à son père ou à sa mère, et sans doute, viendra-t-elle alors vers vous…

Pour conclure, mes derniers mots seront pour Agathe. 

Si la République se construit sans cesse, nul doute que tu seras un des artisans de cette belle et noble construction et que, dans ce cadre, ta famille et tes proches seront là pour te soutenir, t’orienter et te guider.

Nul doute également que tu seras là pour eux quand ils en auront besoin et que tu sauras te rendre utile à cette République qui t’accueille avec joie et honneur en son sein.

Aujourd’hui, la République de France te reconnait comme l’une de ses enfants. Elle t’apportera l’instruction, elle te soignera, elle te protégera. N’aie pas peur. Toutes les personnes ici, autour de toi, te soutiendront à chaque étape de ta vie. Si la République est une et indivisible, nous, nous sommes tous unis derrière toi.

Pourquoi je soutiens Emmanuel Macron

2 raisons majeures m’ont amené à faire le choix d’Emmanuel Macron.
  • Sa capacité à fédérer une base suffisamment large pour tenir tête à la droite de la droite, que ce soit l’extrême droite ou la droite dite jusqu’alors républicaine mais qui semble ne plus avoir grand chose de républicaine tant elle est aujourd’hui gangrénée par une idéologie de plus en plus réactionnaire et conservatrice.
  • Sa capacité de faire des propositions à la fois novatrices, réalistes et justes. L’approche sur l’assurance chômage me semble en être une excellente illustration, tant dans la proposition, dans la mise en oeuvre que dans la philosophie qui l’a sous-tend. Considérer qu’être au chômage n’est pas une difficulté de nature individuelle mais bien que le « phénomène chômage » est global et doit être considérer comme tel. D’où la volonté d’étendre la protection à des corporations qui n’en bénéficient pas aujourd’hui (entrepreneurs, agriculteurs, professions libérales…) tout en assurant un élargissement de son financement qui évolue pour passer d’un financement « individuel » au travers des cotisations à un financement collectif au travers de la CSG. Cela présente l’avantage d’augmenter l’assiette du financement, de faire contribuer l’ensemble des ressources et pas uniquement les revenus issus du travail et de redonner du pouvoir d’achat aux salariés puisque pour eux l’évolution de la CSG est surcompensée par la suppression des cotisations.
Alors évidemment, non, l’ensemble des propositions du programmes ne sont pas satisfaisantes, mais qui peut dire se retrouver à 100% dans le programme d’untel ou d’untel. Oui, le positionnement d’Emmanuel Macron sur le volet économique est d’orientation libérale. Pour autant, il ne sacrifie pas l’aspect social, notamment en ce qui concerne le chômage, je viens de l’évoquer, mais aussi la santé, l’éducation…
Je n’évoquerai pas l’ensemble de son programme, le but de cette intervention étant d’expliquer le fondement de mon choix, je reste évidemment disponible pour en débattre et vigilant à l’évolution d’une campagne qui nous montre à quel point, jour après jour tout va vite, très vite, trop vite sans doute.

Indemnités, cohérence… un beau résumé de la droite en action

Rappelez-vous, au lendemain de l’élection de M. Bonneau à la présidence de l’Assemblée Départementale… 2 faits marquants :

  • Il faut faire des économies, aussi était il envisagé que le Département sorte du SMAPE, à moins que celui-ci s’engage dans une réduction de budget, dans le fait de ne pas relancer le feu d’artifice du Plan d’Eau et que les membres de l’exécutif ne perçoivent pas d’indemnité
  • La place de l’opposition n’est pas respectée. Dans bon nombre d’organismes, les places laissées au groupe d’opposition sont très largement inférieures à la représentativité qui est la notre au sein du Département (18 conseillers d’opposition, 20 conseillers de la majorité) et notamment sur le SMAPE, il a fallu de nombreuses heures pour obtenir le moindre siège.

2 ans après, quelques constats :

  • Le département a gardé sa place au sein du SMAPE ce qui est dans l’absolu une bonne chose puisque cet équipement contribue à l’attractivité du territoire et surtout permet à de nombreux charentais d’accéder à un espace de loisirs de qualité gratuitement. Je pense notamment aux plus modestes qui n’ont pas les moyens de partir en vacances ou en week-end avec leurs enfants…
  • M. Bourguoin, conseiller communautaire et Maire-Adjoint d’Angoulême, a été élu président alors même que les cabinets de l’agglomération, de la ville et du département avaient négocié tout autre chose. La parole vaut l’homme…
  • Réunion après réunion, les délégués du département au sein du SMAPE sont devenus quasi inexistants, allant même jusqu’à être le seul de la collectivité pour les dernières Orientations Budgétaires. C’est bien de vouloir prendre les places, c’est mieux de s’intéresser un minimum aux structures dans lesquelles on siège.
  • Ce dernier été fut particulièrement difficile pour les usagers du site : jeux abimés et pour certains inutilisables voir dangereux, baignade parfois fermée du fait de recrutement de maitres nageurs bâclés…

Et jeudi dernier… jeudi dernier…
Rebelotte. Je me présente au lieu de la réunion, et je retrouve la crème de la crème de l’Assemblée Départemantale ! Pas moins de 3 vices-présidents sont là, Jérôme Sourrisseau, Samuel Cazenave, Didier Villat ainsi que d’autres élus de la majorité. Je m’en étonne. Réponse de l’un d’entre eux (non, je ne dirais pas lequel…) : « Il s’agit d’être au bon endroit au bon moment ». Comme si, en dehors de l’élection de son président, une structure n’avait aucun intérêt, un équipement qui accueille des dizaines de milliers d’enfants, d’adultes, de familles… bel esprit ma foi.

Un vote tendu avec 3 tours, a chaque fois une égalité parfaite 6 bulletins à 6 et au final le maintien de M. Bourguoin au privilège de l’âge (quelle gloire quand il s’agit de promouvoir le renouvellement…). Plus surprenant, une proposition de délégation à des membres de gauche (semble-t-il) de l’agglomération de 2 vices-présidences. Evidemment, Jean-Jacques Fournié battu dans la course à la présidence refuse, ce n’est pas le cas de M. Acquier. Seconde surprise, une délibération sur les indemnités. Depuis de très nombreuses années, aucun membre de l’exécutif du SMAPE (président et vice-présidents) refusaient de percevoir leur indemnité dans un souci d’économie, souci d’ailleurs conditionnant le soutien du département (en tout cas de son président) à la structure. M. Bourgouin et ces vices-présidents précédents (M. Rivière et moi-même) les avaient d’ailleurs refusées. Sujet duquel le Président s’était alors enorgueillit au nom d’une saine gestion.
Et évidemment, ce qui devait arriver arrivé : avec le soutien des représentants issus de la majorité de l’Assemblée départementale cette indemnisation est actée.
La boucle est bouclée. Cohérence, vous avez dit cohérence ? La cohérence ne vaut-elle pas lorsqu’il s’agit de s’assurer une présidence (non, je n’ai pas parlé d’acheter une élection, chacun se fera son idée…)

Reste une question en suspend : jusqu’a quand aura-t-on la chance de voir autant de (hauts) délégués du département être présents aux prochaines réunions du syndicat…« Etre là au bon moment » qu’il disait : tout un programme !

Education, vous avez dit éducation ?

Lundi 9 janvier, j’ai assisté pour la première fois à la réunion annuelle organisée par le Président du département afin de réunion réunir l’ensemble des principaux et principaux adjoints des collèges du département. (Je n’avais pas pu être disponible l’an dernier, lors de la première de ces réunions sous l’ère du Président Bonneau).

Après 2h30 au sein de l’hémicycle, je suis sorti groggy, goguenard, dépité et révolté tout à la foi.

Plus qu’une réunion d’échange, plus que des discussions sur l’avenir de nos collèges et des élèves qui les fréquentent, nous avons assisté à un quasi monologue du Président.

Tout d’abord pour rappeler, une fois n’est pas coutume, que les moyens sont contraints en raison des réductions de dotation de l’Etat (il est néanmoins possible de trouver 24M d’euros pour le Très Haut Débit mais passons…).
Puis, pour nous parler pendant plus d’une demi-heure (si si !) des différents choix concernant les vêtements des agents du Département affectés au sein des collèges de Charente : type de tenue, nombre de tenues par agent, couleurs des tenues par corps de métiers… Le tout avec force de précisions, chiffres de sondage à l’appui etc… Ca vous fait rire ? Vous ne me croyez pas… Je peux comprendre, j’ai du me faire confirmer par ma voisine que j’entendais bien et comprenais bien ce qui était en train de se jouer.
Et lorsqu’au bout de longues minutes un principal de collège intervient pour s’inquiéter des délais de remplacement lorsqu’un agent est absent (pendant parfois plus d’un mois) et de l’impact que cela peut avoir sur le service et notamment sur la qualité de l’accueil des élèves, le Président prend la parole : « Je note votre question, je comprends le sens de votre demande. On reviendra vers vous sur le sujet. Sinon, les personnels de cuisine porteront un pantalon noir et un tablier blanc puisque ce sont les couleurs qui sont ressorties lors du sondage que nous avons réalisé ».

Intervient ensuite un représentant du syndicat des chefs d’établissement pour s’inquiéter des rumeurs nombreuses concernant les projets de fermetures d’établissements relatés ces derniers mois dans la presse quotidienne régionale et d’insister sur l’ambiance très dégradée que cela engendrait au sein des équipes. Réponse pour le moins courte du Président : rien n’est décidé, des compléments d’études ont été commandés à l’INSEE afin d’affiner les chiffres présentés dans leur premier document. Nous communiquerons sur ces chiffres dans les prochaines semaines puis lancerons les concertations s’il devait être envisagé des fermetures.

Le DASEN qui était présent à cette réunion à ensuite pris la parole pour exposer des situations extrêmes vécues par quelques rares établissements au sein desquels une seule classe était constituée par niveau et d’indiquer que ces conditions sont loin d’être idéales pour les élèves, ce avec quoi il est effectivement difficile de ne pas être d’accord. Il est ensuite revenu sur des nombreuses places non occupées notamment sur des dispositifs spécifiques.

Bref, 2h30 de discussion, à aucun moment l’évocation du moindre embryon de projet en matière d’éducation, de contribution à la lutte contre l’échec scolaire, à la mise en oeuvre de politiques de soutien, d’accompagnement des élèves et familles les plus vulnérables. Rien.

Pour ma part, avec quelques collègues du groupe d’opposition, j’ai à de nombreuses reprises demandé au Président que soit constitué un groupe de travail transversal regroupant l’éducation, la culture, la solidarité, le social afin de mettre sur pied des politiques novatrices et adaptées à la situation de notre territoire : fort taux d’illettrisme, ruralité, forte disparité sociale.

Depuis le début de leur mandat, le Président et sa majorité se plaignent à qui veut l’entendre que le coût des prestations sociales et le reste à charge financé par le Département sur notamment le RSA devient insupportable.
Il est évident aujourd’hui que la rupture sociale va de pair avec la rupture scolaire. Que la plupart des élèves en grandes difficultés, en décrochage seront demain les mêmes que nous retrouverons en rupture sociale. Il me semble donc capital que le Département, notamment au titre de sa compétence principale qu’est la solidarité et l’accompagnement social s’engage pleinement dans la prévention et la lutte contre l’échec scolaire.

En mettant en place des dispositifs pluriannuels, préparés à la fois avec les équipes de l’éducation nationale mais aussi avec les services culturel, touristique, sportif du département, il est tout à fait possible pour des coûts très raisonnables de mener des actions nouvelles et novatrices afin, à défaut de régler le problème de l’échec scolaire, d’essayer, de prendre l’initiative, de s’engager, d’avancer pour tenter d’améliorer la situation de l’ensemble de nos élèves charentais. Ils le méritent et pour ma part, je prendrais plus de plaisir à participer à ce genre de défi qu’à écouter pendant plus d’une demi-heure François Bonneau nous évoquer les vêtements des agents du département.

Budget Primitif 2016 de la Charente, épisode 1 : rSa

Lors de cette première session budgétaire de l’ère du Président François Bonneau, c’est un budget de plus d’un demi-milliard d’euros qui a été affecté aux différentes actions portées par le Conseil Départemental. Je mentirai en disant que ce n’a pas un côté impressionnant pour le nouvel élu départemental que je suis !

Au travers quelques articles synthétiques, je souhaite revenir sur les faits que je considère comme marquant de ce budget. Je vais donc commencer par évoquer le rapport concernant l’affectation de crédits aux prestations sociales, incluant le rSa.

Quelques points de rappel pour commencer :

  • l’action sociale et l’insertion sont des compétences obligatoires de l’assemblée départementale
  • l’allocation du rSa est versée par la CAF aux allocataires, mais financée par le Département
  • le Département perçoit de l’Etat des fonds correspondant à une partie du financement de cette allocation

Depuis quelques années, le nombre d’allocataires tend à augmenter de manière régulière, le montant des allocations à verser augmente donc chaque année dans les mêmes proportions.

Sur l’exercice précédent, le reste à charge du département sur cette allocation spécifique a augmenté d’environ 4 millions d’euros. Sur l’exercice qui vient de s’ouvrir, on estime que l’augmentation des allocations à verser devrait s’inscrire entre 3 et 4 millions d’euros, augmentant d’autant le reste à charge du département.

Depuis l’arrivée de la nouvelle majorité de droite aux manettes du Conseil Départemental, pas une réunion, pas une session où ces chiffres ne sont rappelés, ils sont, je ne le conteste pas importants puisque ils représentent la plus grosse part du budget de fonctionnement de notre Assemblée.

Cette année, pour la première fois depuis la naissance de notre assemblée départementale, la majorité a procédé au vote d’un budget dit « insincère ». En fait, le montant alloué au rSa pour l’année 2016 a été inscrit au même niveau que lors de l’exercice précédent alors même que l’exécutif reconnait que ce chiffre sera forcément en hausse de quelques millions d’euros.

Le groupe d’opposition est intervenu pour rappeler plusieurs points :

  • cette augmentation régulière n’est pas nouvelle, et pourtant chaque année, la précédente majorité faisait les arbitrages nécessaires pour assumer pleinement son rôle et sa compétence principale
  • les allocataires du rSa, contrairement à ce que certains veulent nous faire croire, sont pour leur très grande majorité des gens honnêtes qui subissent leur situation et non pas profitent d’une situation confortable
  • si la volonté de mieux contrôler les allocataires pour réduire la fraude est légitime, insister systématiquement sur ce point tend à stigmatiser une population fragile. En outre au plan national, la fraude aux aides sociales et une goutte d’eau face aux dizaines de milliards que représente la fraude fiscale.

Pour ma part, je suis également intervenu lors de la présentation de ce rapport. J’ai en effet contesté vigoureusement la justification du Président à cette démarche qui selon moi relève de pure manipulation politicienne et de malhonnêteté intellectuelle. Son argumentaire se résume au fait que l’augmentation des dépenses sociales ne permet plus à une dizaine de départements de boucler leur budget et qu’en conséquence nous ne pouvons plus supporter l’augmentation de notre reste à charge.

Je ne conteste pas le constat de base : une dizaine de départements n’a effectivement pas pu boucler son budget en raison de la conjugaison de plusieurs phénomènes (la réduction des dotations d’Etat, la diminution des recettes fiscales dûes à la baisse d’activité des entreprises, l’augmentation du nombre d’allocataires du rSa). C’est triste, je déplore cette situation, et encore une fois, je ne conteste pas l’affirmation du Président.

Ce que j’affirme par contre, c’est que la Charente n’est pas dans la situation de ces 10 départements. En 2016, le département n’aurait aucune difficulté à assumer la hausse de son reste à charge dans des proportions équivalentes à ce qui était le cas les années passées. L’audit commandité par le nouvel exécutif lors de sa prise de fonction le démontre : la situation financière de notre département est parmi les plus saines que l’on peut trouver parmi les départements de notre pays.

Alors dans l’opposition, celui qui aujourd’hui préside l’Assemblée n’avait de cesse de fustiger les choix de la précédente majorité : il fallait mettre des millions de plus dans le haut débit, des millions de plus dans les aires de co-voiturage, des millions supplémentaires dans la rénovation des routes départementales. Les choix de l’équipe de Michel Boutant ne convenaient sans doute pas à celui qui était alors le leader de l’opposition, mais ils avaient le mérite de permettre au département d’assumer ses obligations et ses compétences obligatoires.

Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Par calcul politique, dans la droite ligne du Président de l’Association des Départements de France, M. Bussereau, l’exécutif de notre Assemblée prend en otage les familles charentaises les plus précaires.

Vous pouvez retrouver le débat sur ce rapport dans l’enregistrement vidéo suivant à partir de 2:44:25 :


Session conseil départemental – Budget primitif… par CharenteLibre

J’interviens pour ma part à 3:18:00.

Remise de dictionnaires aux élèves de 6ème du collège René Cassin

Le 28 janvier dernier, j’ai eu le plaisir de me rendre au collège René Cassin à Gond-Pontouvre afin de remettre, au nom du Département de la Charente, un dictionnaire à chaque élève de 6ème. J’ai à cette occasion présenté les compétences du département vis-à-vis des collèges : entretien des locaux, restauration scolaire, transport scolaire (même si l’application de la loi NOTRe pourrait faire évoluer ce point)…
A l’heure du tout numérique, j’ai rappelé l’intérêt de supports de connaissance fiables et que si internet était évidemment un formidable outil d’ouverture sur le monde, tout ce qui s’y trouvait n’était pas à prendre pour argent comptant.
Suite à l’intervention d’élèves et de professeurs, nous avons également évoqué l’évolution de la langue française qui voit chaque année de nouveaux mots faire leur apparition dans le dictionnaire. C’était le cas par exemple récemment d’un mot bien connu des adolescents : selfie !
Merci à l’ensemble de l’équipe et des élèves pour leur agréable accueil.

Démagogie BIS

Depuis des années, alors que la majorité était opposition, François Bonneau et ses collègues tiraient à boulet rouge sur la gestion du département.
Depuis qu’ils sont majoritaires, ils continuent (vous me direz, au moins, pour une fois, ils sont cohérents…) même en ayant accès à toutes les informations possibles et inimaginables…
Puis, lors de la Commission Permanente d’octobre, M. Klopfer, fondateur du cabinet d’audit du même nom et dont la réputation et le sérieux ne sont plus à prouver nous ont présenté un audit en 2 parties : bilan et prospective.
Alors que nombre de personnes s’attendaient à voir tomber sur nous et sur le bilan un déferlement de remontrances, d’accusations, de (très) mauvais chiffres, v’là t’y pas (comme on dit en patois) que l’on nous annonce que la Charente est un département dans une situation plutôt saine : réduction de l’endettement, maintien des investissements à un niveau cohérent, stabilité de la fiscalité,…
Evidemment, nous n’étions pas surpris, nous savions que depuis des années la Charente est gérée prudemment et efficacement, et que même si rien n’est jamais parfait en ce bas monde, finalement, le travail des élus et notamment de l’exécutif précédent a permis à M. Bonneau de prendre la barre d’un navire en très bon état, contrairement à ce qu’il annoncé à coups de déclarations fracassantes à qui voulait bien l’entendre.

Sur la prospective, évidemment, le tableau est plus sombre. Même si les inquiétudes de notre Président semblent largement supérieures à celle du cabinet d’audit (engagé par lui hein, pas de mauvais procès, merci). J’aurai l’occasion d’exprimer mon avis sur le sujet lors du débat d’orientation ou du vote du budget (qui a d’ailleurs été retardé !). Néanmoins, depuis leur élection, le nouveau Président et son exécutif ne cessent d’expliquer qu’à cause de la baisse des dotations aux collectivités imposée par le gouvernement notre département court à la catastrophe… 2 points que je souhaite vous livrer :

  • La diminution des dotations n’est pas un fait nouveau. Tout le monde en connaissait l’impact et ce bien avant la campagne électorale et les promesses qui l’ont accompagné… Alors dire aujourd’hui que sans doute il sera difficile de tenir parole « à cause du gouvernement »… Ca ressemble à de la malhonnêteté caractérisée non ?
  • Ensuite, sur le fond, oui, il est demandé un effort de 50 milliards à l’ensemble des collectivités et oui, les départements sont les plus impactés. Néanmoins, rappelons que l’objectif de cet effort est de réduire un déficit qui a augmenté de 602 milliards pendant les 5 ans du « règne » de Sarkozy. Rappelons enfin que les actuels « champions » auto-proclamés de la droite annoncent eux aussi un effort demandé aux collectivités locales. Mais attention, on ne parle pas de 50 milliards, mais plutôt d’une fourchette allant selon les jours de 100 à 130 milliards d’euros. Avec un peu de chance, soucieux de préserver notre Département, l’exécutif annoncera finalement son soutien au président sortant en 2017 !

Ainsi va la vie au Département : on navigue entre démagogie et populisme…
Et les projets ? Les actions ? Excellente question…merci de l’avoir posée.

Un département qui passe à côté…

Alors que pendant de nombreuses années le Conseil Général était en pointe sur un certains nombres de sujets (ligne LGV, redécoupage des régions, tourisme, …), depuis 6 mois, il ne se passe plus grand chose.
A l’heure où les compétences de nos collectivités évoluent, il aurait pourtant semblé important que le Conseil Départemental se mobilise sur les grands enjeux départementaux.
Sur la LGV par exemple, alors que GrandAngouleme et Angoulême se sont montrés pro-actifs, ont pris l’initiative pour rencontrer et convaincre au plus haut niveau, le silence du département a, à contrario, était complètement assourdissant… Le sujet est pourtant transversal et concerne tant le développement économique que le tourisme et plus généralement l’attractivité de notre territoire, la Charente.

Sur la question de l’accueil des migrants, autre sujet qui fait grand bruit actuellement, pas grand chose ! Si la gestion de fond de cette question revient logiquement à l’Etat et à l’Europe, il est impressionnant de constater une telle passivité de la majorité départementale. La solidarité et pourtant la première des compétences obligatoires de notre institution départementale. Évidemment le sujet et complexe et il ne s’agit pas de dire que le Président et son exécutif auraient dû trouver en un claquement de doigts des solutions qui sont évidement complexes.

Il aurait été néanmoins légitime qu’ils s’emparrent du sujet et se placent en organisateur avec l’ensemble des élus départementaux. Qu’ils prennent des décisions rapides pour contribuer à la solidarité nationale indispensable devant une telle situation. Mais là encore, si on entend certains maires, si l’on entend les agglomérations d’Angoulême et de Cognac se positionner et travailler à accueillir dans de bonne conditions des migrants qui, rappelons le, fuient simplement la guerre et la mort, pas grand chose du côté de notre institution.

Interpellé par Nicoles BONNEFOY, notre sénatrice, Jean-Francois DAURÉ, Président de GrandAngouleme et Frédéric Sardin au nom de notre groupe, la réponse du Président a été d’ajouter ce sujet à la session extraordinaire du… 29 septembre. J’en déduis que cosigner un courrier incitant les maires à agir et demander à Logélia de mettre à disposition quelques logements sont la réponse de notre assemblée dont, je le redis, la solidarité est pourtant la première compétence. Pas d’ouverture de crédit, pas de mobilisation du réseau de MDS, pas d’actions concrètes alors que l’urgence est pourtant criante.

Le Président et sa majorité ont certainement des sujets de préoccupations plus importants…