Très Haut Débit : Elus, faites vous votre idée !

Invitation THD

Que vous soyez élus locaux, communautaires, départementaux, que vous viviez en ville ou à la campagne, venez nombreux échanger avec nos 3 intervenants sur un sujet majeur pour nos territoires.

  • Pierre Camani – Président du département du Lot-et-Garonne
  • Stéphane Traumat – Entrepreneur
  • Philippe Bouty – Président de la CdC Charente Limousine

Solutions technologiques, financements, types d’investissements, cadre juridique, retours d’expérience,… vous pourrez évidement poser vos questions et alimenter le débat !

Très haut débit en Charente : ne pas sacrifier l’avenir

La semaine dernière, avec des collègues Conseillers Départementaux, nous avons adressé un courrier à l’ensemble des Présidents des Communautés de Communes et à tous les Maires de Charente. Nous souhaitons les alerter sur le poids important que le projet pharaonique de déploiement THD (Très Haut Débit) du Président du Conseil Départemental fait peser sur les épaules des collectivités locales.

Nous relevons notamment que la structure financière de ce projet (d’un coût global de 230 millions d’euros) demande davantage d’efforts à ces collectivités qu’au département lui-même. Nous connaissons tous la tension qui existe aujourd’hui sur les finances publiques.

Cette importance de besoins financiers est directement liée aux choix techniques et technologiques de ce projet. Avec l’intransigeance de Messieurs Bonneau et Chabot à vouloir à tout prix faire de la fibre optique et rien que de la fibre optique, c’est finalement aujourd’hui les Charentais qui sont pénalisés pour de multiples raisons :

  • alors qu’il s’agissait de l’engagement majeur de la nouvelle majorité, plus de 2 ans après leur arrivée aux manettes, rien n’a changé dans le quotidien des Charentais victimes de la fracture numérique.
  • les dizaines de millions d’euros supplémentaires mis sur la table par le département sont autant d’argent public qui n’alimentent pas les autres politiques du département, notamment celles de ses compétences premières : la solidarité , l’éducation (aucun investissement sérieux sur les collèges), les mobilités, l’initiative locale.
  • l’appel aux finances des collectivités locales pose aussi des questions. Les collectivités, et notamment les plus petites, sont celles dont les finances sont les plus fragiles. Ponctionner leur budget pour financer un projet mal dimensionné, c’est restreindre leur capacité et leurs projets d’investissement, c’est bloquer, retarder, freiner des investissements locaux qui répondent à des problématiques locales dont les mairies et les CDC ont la charge.

Mais pourquoi le Président du Département et le Président de Charente Numérique s’arc boutent ainsi sur leur projet ? Dans un souci de communication ? Par méconnaissance du sujet ?

Aujourd’hui, dans des départements ayant une configuration démographique sensiblement similaire, des projets proposent un mix technologique beaucoup plus pertinent, notamment en arbitrant entre fibre optique, montée en débit et 4G/LTE fixe. En quoi est-ce plus pertinent ?

  • Une mise en oeuvre plus rapide. Mettre en place un pylône support LTE Fixe c’est marché, études et travaux : moins d’un an. La montée en débit qui vise à fibrer des sous-répartiteurs, là encore grâce à des travaux de génie civil beaucoup moins importants, celà peut se faire en quelques mois.
  • Des déploiements moins onéreux. Un pylône support de LTE Fixe, c’est en moyenne 100.000€ HT. Evidemment, il faut ajouter à ce tarif le génie civil et l’infrastructure de collecte. Néanmoins, nous sommes loins des budgets évoqués aujourd’hui.
  • C’est un investissement avec de multiples bénéfices. En effet, le déploiement des infrastructures pour mettre en oeuvre de la 4G/LTE Fixe peut bien évidemment être utilisé pour le déploiement de la 4G « traditionnelle » et ainsi résoudre le problème des zones blanches en téléphonie.

Alors que les pérégrinations juridiques liées à la création de Charente Numérique (régulièrement soulevées par le groupe d’opposition et notamment par notre collègue Nicole Bonnefoy) risquent d’amener Charente Numérique à revoir la structure de financement et par conséquent les collectivités à délibérer à nouveau, il nous semble urgent que les bonnes questions et les vrais enjeux soient sur la table.

Si la possibilité pour tous les Charentais d’avoir un accès de qualité à internet est un réel enjeu, ça ne peut être l’alpha et l’oméga des collectivités locales et notamment du Département dont les missions premières sont la solidarité sociale et les collèges. Il est parfois nécessaire de le rappeler…